La pédagogie classique et efficace

Les conseils de Jean-Pierre Picandet en français

 

COMMENT J’ENSEIGNE LE FRANCAIS, par Jean-Pierre Picandet

 

La grammaire

Dès le CP, je commence l’analyse grammaticale : chaque jour, j’écris une phrase au tableau et je demande aux élèves de repérer le verbe. J’utilise l’excellent système de représentation mis au point par le grammairien Henri Bonnard et l’instituteur M. Nouri. Le verbe est représenté par un rectangle et on lui pose des questions.

Exemple : La petite souris ronge le fromage. – Qui est-ce qui ronge ? C’est la souris. (Le nom est représenté par un hexagone, l’article par un rond dans l’hexagone). – La souris ronge quoi ? – Le fromage (encore un nom). Le mot “petite” qualifie la souris : c’est un adjectif qualificatif (représenté par un carré relié au nom).

Progressivement, quand les noms sont bien reconnus, j’introduis l’idée du genre et du nombre. Dans les premiers mois cet exercice se fait collectivement au tableau noir. Dès que les enfants savent écrire, ils copient la phrase ainsi que le travail d’analyse sur leur cahier.

Vers Noël tous les enfants de ma classe identifient la nature des mots (les noms, adjectifs, verbes et adverbes) dans des phrases simples à une seule proposition. J’introduis alors doucement les fonctions (sujet du verbe, complément d’objet, éventuellement quelques compléments circonstanciels).

Pour éviter la confusion entre nature et fonction, j’établis un parallèle entre les mots et les élèves. Ils sont garçon ou fille, c’est leur nature ; ils sont tour à tour enfant (avec leurs parents), élève (à l’école), patient (chez le médecin), ami (avec leurs camarades), etc, c’est leur fonction. La nature ne change jamais, la fonction se détermine au gré des circonstances et des rencontres. Il en est de même pour les mots.

La conjugaison

L’apprentissage des conjugaisons est un travail de longue haleine où la répétition est essentielle. Il ne faut pas être trop exigeant au CP , ni surtout considérer que les acquis sont définitifs… Un enfant de 6/ 7 ans apprend très vite mais il “désapprend” tout aussi vite.

Nous apprenons par cœur les temps de conjugaison : présent, futur, imparfait, et en toute fin d’année, le passé composé (avoir, être, chanter, finir) en épelant chaque jour en chœur ou individuellement. Exemple : j’ai A-I ; tu as A-S,…  J’utilise beaucoup l’ardoise pour contrôler que les connaissances progressent.

Le vocabulaire

Le vocabulaire est enseigné par imprégnation. Je lis à voix haute des textes classiques comme L’Odyssée, Les Mythes et Légendes, Tristant et Iseult, … ou des lectures pratiques tirées de petites leçons de choses. Les mots nouveaux sont répétés collectivement et je veille à les réutiliser si possible plusieurs fois dans la semaine. Quand je le peux, je donne une explication sur l’étymologie en insistant beaucoup sur les apports gréco-latins. À la fin de l’année de CP, les élèves connaissent une dizaine d’étymons (mot le plus ancien auquel est associé  un mot nouveau) qui leur permettent de jouer avec le vocabulaire. Par exemple, l’étymon « operari » a donné les mots ouvrier, œuvre, opération, etc.

Chaque jour, j’enseigne un mot nouveau, je l’écris au tableau noir et les élèves doivent le recopier sur leur cahier.

 

Comment j’enseigne la discipline à mes élèves de CP, par Jean-Pierre Picandet

Comment j’enseigne la lecture et l’écriture, par Jean-Pierre Picandet

 

 

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